Baisse de la vitesse limite de circulation sur le boulevard périphérique

Depuis le 10 janvier 2014, la vitesse maximum autorisée sur le boulevard périphérique parisien est passée de 80 à 70 km/h. Bruitparif a pu mesurer l'impact sur le bruit de cette action, en analysant les données mesurées par trois de ses stations déployées sur le périphérique parisien.

Période de réalisation

10 janvier 2014

Territoire(s) concerné(s)

Entités ayant réalisé l’action

Entités impliquées dans l’évaluation de l’action

Description

Le boulevard périphérique parisien est une voie circulaire d'une longueur de 35 km qui fait le tour de la ville de Paris. Il comporte le plus souvent 4 voies de circulation dans chaque sens et supporte un trafic très dense : 1, 3 millions de véhicules l'empruntent chaque jour, ce qui représente 7,7 millions de kilomètres parcourus (chiffre 2013 Ville de Paris). Le flux de véhicules peut dépasser les 270 000 véhicules par jour sur certaines portions. Cet axe concentre 40 % de la circulation automobile de Paris et représente 1 à 2 % du trafic national.

Avec plus de 100 000 habitants le long de son parcours, c'est un axe qui génère une exposition très élevée au bruit et à la pollution atmosphérique. Bruitparif a ainsi évalué qu'environ 40 000 riverains du périphérique sont exposés quotidiennement à des niveaux de bruit qui excèdent les valeurs limites réglementaires françaises.

Afin de réduire les nuisances sonores, de lutter contre la pollution atmosphérique et de faire baisser le nombre d'accidents, la Ville de Paris avait manifesté son souhait, depuis 2011, de voir baisser la vitesse limite de circulation sur le boulevard périphérique parisien. En juillet 2013, le ministre de l'Intérieur avait fait connaître son intention de donner des suites favorables à cette demande. C'est ainsi qu'un décret pris par les ministres de l'Intérieur et de l'Ecologie, du Développement durable et de l'Energie a été promulgué en janvier 2014 afin de modifier le Code de la Route (la vitesse du périphérique étant inscrite dedans) et permettre le passage de 80 à 70 km/h de la vitesse limite autorisée sur cet axe.

L'entrée en vigueur de la nouvelle limitation à 70 km/h est ainsi intervenue le 10 janvier 2014 à 5h du matin.

Grâce à l'exploitation des données fournies par 3 de ses stations de mesure positionnées au niveau du terre-plein central pour deux d'entre elles (celles de la Porte d'Auteuil et de la Porte de Vincennes) et en façade d'immeubles d'habitation pour la troisième (celle située entre la Porte de Bagnolet et la Porte des Lilas), Bruitparif a pu quantifier la diminution de bruit générée par l'abaissement de la vitesse limite.

Les résultats obtenus viennent confirmer les estimations qui avaient pu être faites au préalable.

Coût et financement

Selon la Mairie de Paris, le coût de l'opération a été de 22 500 € HT.

Cela correspond principalement aux frais de changement des panneaux de signalisation, le prix d'un panneau étant de 150 € HT. Des travaux ont en effet été nécessaires afin d'adapter la signalisation à cette nouvelle réglementation. Dans les nuits du 7 au 8 janvier, puis du 8 au 9 janvier, de 21h30 à 5h, les 150 panneaux indiquant la vitesse autorisée sur le périphérique ont été changés par les services de la Ville.

évaluation de l’efficacité de l’action sur le plan acoustique

Situation initiale

La période de mesure qui a été exploitée pour caractériser la situation initiale est de 4 mois (02/09/2013 au 05/01/2014).

En situation d'exposition des riverains (station située entre la porte de Bagnolet et la porte des Lilas), les valeurs des indices Harmonica s'établissent pour cette période à 9 en période diurne et à 8,8 en période nocturne. L'indice moyen journalier s'établit donc à 8,9.

En situation de terre-plein central (caractérisation proche de la source) au niveau de la Porte d'Auteuil, les indices sont de 10,9 en période diurne et de 10,4 en période nocturne. L'indice moyen journalier s'établit à 10,7.

En situation de terre-plein central (caractérisation proche de la source) au niveau de la Porte de Vincennes (portion dotée de revêtement acoustique), les indices sont de 9,7 en période diurne et de 9,6 en période nocturne. L'indice moyen journalier s'établit à 9,7.

Situation finale

La période de mesure qui a été exploitée pour caractériser la situation finale est d'environ 4 mois (13/01/2014 au 04/05/2014).

En situation d'exposition des riverains (station située entre la porte de Bagnolet et la porte des Lilas), les valeurs des indices Harmonica s'établissent à 8,8 en période diurne et à 8,4 en période nocturne. L'indice moyen journalier s'établit donc à 8,7.

En situation de terre-plein central (caractérisation proche de la source) au niveau de la Porte d'Auteuil, les indices sont de 10,8 en période diurne et de 10,1 en période nocturne. L'indice moyen journalier s'établit à 10,6.

En situation de terre-plein central (caractérisation proche de la source) au niveau de la Porte de Vincennes (portion dotée de revêtement acoustique), les indices sont de 9,7 en période diurne et de 9,5 en période nocturne. L'indice moyen journalier s'établit à 9,6.

Bilan

La comparaison des données avant et après entrée en vigueur de la baisse de la vitesse limite fait apparaître une diminution de bruit assez faible mais néanmoins significative.

En situation d'exposition des riverains, la diminution constatée a été de 0,2 point d'indice Harmonica en période diurne et de 0,4 point d'indice en période nocturne, soit une diminution moyenne sur la journée de 0,2 point d'indice environ. Les diminutions relevées par les stations situées sur le terre-plein central sont quant à elles un peu plus faibles.

La baisse a été plus marquée la nuit que sur la période diurne car les vitesses de circulation y sont plus élevées et ont donc directement été impactées par l'abaissement de la vitesse limite. Ceci est moins le cas en journée puisqu'il y a davantage de congestion. Néanmoins, on note tout de même un petit impact, vraisemblablement lié à une amélioration de la fluidité.

La baisse constatée de l'indice harmonica vient conforter les évaluations théoriques qui avaient pu être faites par Bruitparif avant l'entrée en vigueur de la mesure.

De telles baisses de niveaux sonores restent néanmoins peu perceptibles pour l’oreille humaine et sont insuffisantes pour améliorer significativement à elles seules la qualité de vie des riverains les plus proches du périphérique. C'est pour cela que d'autres actions sont également engagées par la Ville de Paris : pose de revêtements acoustiques, écrans anti-bruit, couvertures, isolation des façades…

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