Alternative aux engins de tonte motorisés pour l’entretien des espaces verts (Grand Paris Seine et Oise)

La Communauté urbaine Grand Paris Seine et Oise a expérimenté la tonte d’un espace vert de 3,2 hectares par des chevaux, à Mantes-la-Jolie.

Période de réalisation

Décembre 2020

territoire(s) concerné(s)

Entité ayant réalisé l’action

Description

La Communauté urbaine Grand Paris Seine et Oise, dans le cadre de la gestion durable de ses espaces verts, a souhaité tester la mise en place de méthodes innovantes et vertueuses. Ainsi, à la fin de l’année 2020, le service parcs et jardins a fait appel à quatre chevaux pour réaliser l’entretien d’un espace vert, non loin de la Seine et du stade nautique. La prestation a été réalisée par la société SMDA, basée à Trappes.

Trois jours durant, une faucheuse et une gyrobroyeuse ont été tractées par ces animaux pour réaliser la tonte complète de la parcelle. Bénéfice immédiat, l’opération s’est déroulée sans les habituelles nuisances sonores générées par les engins à moteurs, qu’ont à subir les usagers de ces espaces dédiés au calme ainsi que les riverains, notamment en zone urbaine dense. La présence des chevaux sur le site a également renforcé l’intérêt et la convivialité du lieu. Enfin, économe en émission de gaz à effet de serre, le fauchage hippotracté permet un respect des cycles végétaux et est favorable à la pollinisation et à la préservation des habitats de la faune locale.

Le renouvellement de l’opération est d’ores et déjà envisagé en 2021, en y incluant cette fois également le débardage et l’évacuation des déchets verts par les chevaux.

Cette expérimentation complète l’approche adoptée par l’intercommunalité pour la gestion de ses espaces verts, qui s’est déjà traduite par des actions concrètes comme la réutilisation des déchets verts, la démarche « zéro phyto » ou le choix de plantes vivaces plus résistantes.

Coût et financement

Le coût de l’expérimentation s'est élevé à 12.750 euros, pris en charge par la Communauté urbaine Grand Paris Seine et Oise. La perspective d’une réduction des coûts d’entretien des espaces publics ouverts est également recherchée à travers cette expérimentation locale.

évaluation de l’efficacité de l’action sur le plan acoustique

Le recours à des engins motorisés (tondeuses à gazon, souffleuses à feuilles) pour l’entretien des parcs et jardins publics, s’il permet de gagner en rapidité voire en commodité pour les opérateurs, est fréquemment source de plaintes pour les nuisances sonores qu’il entraine. S’agissant d’espaces dont la vocation est justement de proposer un environnement apaisé, l’enjeu d’un entretien réalisé à moindre bruit apparait essentiel.

Différentes approches, non excluantes, peuvent être proposées dans cette optique : choix d’engins les moins bruyants possibles, à performance technique équivalente ou approchante ; sensibilisation des agents au respect de la tranquillité publique et à leur propre santé auditive ; organisation et horaires des interventions ; limitation ou espacement de ces interventions enfin, en laissant par exemple une plus grande place aux prairies naturelles non tondues pour favoriser également la biodiversité.

Le recours à des méthodes dites « douces » est expérimenté en complément de ces actions. L’écopâturage en ville par des petits ruminants est une solution séduisante qu’un nombre croissant de collectivités ont retenue, y compris en Ile-de-France. L’expérimentation d’entretien hippotracté présentée ici s’inscrit dans la même approche, combinant préservation de l’environnement sonore et renforcement de la place de l’animal, incluant le service rendu, dans l’univers urbain anthropisé.

Au-delà d’un bénéfice quantifiable en décibels, qui serait difficile à évaluer, l’enjeu est bien ici de renforcer l’attractivité et la fonctionnalité de ces espaces que la Directive européenne sur la lutte contre le bruit définit comme des zones calmes, dans leur vocation d’espaces de ressourcement, de création de lien social ou de reconnexion de l’espace urbain à la nature.