Généralisation de la limitation de vitesse à 30 km/h dans Paris

Les stations de mesure de bruit routier de Bruitparif ont permis d’évaluer l’effet de cette extension à l’ensemble de la voirie parisienne (excepté quelques axes comme le boulevard périphérique ou les boulevards des Maréchaux).

Période de réalisation

Août 2021

Territoire(s) concerné(s)

Entités ayant réalisé l’action

Entités ayant participé à l’action

Entités impliquées dans l’évaluation de l’action

CONTEXTE

Si les premières « zones 30 » ont vu le jour dans les années 1990, à Lorient notamment, il a fallu attendre la décennie suivante pour voir émerger le concept de « ville 30 », qui consiste à faire passer la très grande partie des axes d’une ville à 30 km/h, là où les « zones 30 » restaient souvent des lieux peu nombreux et disparates dans les villes et où les axes limités à 50 km/h étaient largement la norme.

Description

La circulation des véhicules motorisés est limitée à 30 km/h depuis le 30 août 2021 dans tout Paris, hormis le périphérique, les boulevards des Maréchaux et quelques grands axes, notamment ceux soumis à des avis préfectoraux. Auparavant, 60 % des routes parisiennes étaient déjà limitées à 30 km/h grâce aux zones 30 disséminées sur le territoire parisien.

De multiples objectifs sont poursuivis à travers cette démarche. En-dehors de la réduction du bruit, la sécurité routière apparait comme un enjeu central (Il y a 9 fois moins de probabilités de décès en cas de collision à cette vitesse, du fait de la diminution des distances de freinage). Dans un contexte d’essor des modes de mobilité doux, avec en particulier l’extension des infrastructures et itinéraires dédiés aux cyclistes, une pacification globale de la circulation est recherchée. La fluidification du trafic permet d’escompter des cobénéfices en matière de réduction des émissions de polluants ainsi que des nuisances sonores.

Coût et financement

Les coûts ont été pris en charge par la ville de Paris. Ils sont assez faibles et consistent principalement, dans un premier temps du moins, à faire évoluer la signalisation. Il faut ajouter le coût horaire des personnes chargées de l’aspect administratif de cette modification, qui est lui aussi minime. En revanche, des aménagements de voirie ponctuellement réalisés afin de mieux faire respecter cette mesure, pourront engager des coûts propres.

évaluation de l’efficacité de l’action sur le plan acoustique

Un abaissement de vitesse réelle de circulation de 50 km/h à 30 km/h peut permettre une diminution théorique du bruit routier aux abords de l’infrastructure allant de 3 à 3,5 dBA, selon les taux de poids lourds et de deux-roues motorisés et le type de revêtement de chaussée, et ce dans des conditions de circulation fluides avec des vitesses stabilisées. De plus, le ministère de la transition écologique a estimé que le passage de 50 à 30 km/h pourrait à terme permettre d’abaisser le trafic de véhicules motorisés d’en moyenne 20 %.

Toutefois, les conditions de circulation effectives dans Paris présentent certaines particularités : forte congestion sur certains secteurs selon l’heure de la journée, vitesse moyenne de l’ordre de 13 km/h en journée, taux de deux-roues motorisés particulièrement élevé, pouvant atteindre 18% sur certains axes.

Aussi, il est apparu pertinent d’en analyser finement l’impact en situation réelle, en menant une comparaison des résultats de mesure avant (juillet-août 2021) et après (juillet-août 2022) généralisation de la limitation à 30 km/h sur les stations de mesure de bruit routier déployées par Bruitparif dans la capitale.

Tableau montrant la différence du niveau de bruit sur plusieurs points de mesure, avant et après la mise en place de la vitesse limitée à 30 km/h (source : Bruitparif)

Bilan

La généralisation du 30 km/h dans Paris semble, un an après son entrée en vigueur, avoir permis une amélioration modérée de l’environnement sonore, avec un impact global à l’échelle du réseau de voirie parisienne de l’ordre de -0,5 dBA). Cela peut s’expliquer par les conditions de circulation particulières sur certains des axes concernés par les relevés (forte congestion) comme par exemple le boulevard de Sébastopol et le quai de Gesvres. Des améliorations plus significatives peuvent être constatées ailleurs, par exemple le long des quais rive gauche où le bruit a diminué de l’ordre de 1,4 dBA en moyenne et jusqu’à 3 dBA de nuit.

Le suivi de cette action, qui s’inscrit dans une démarche plus globale élaborée et détaillée dans le Plan parisien d’amélioration de l’environnement sonore, présenté en juillet 2022, doit être poursuivi pour en documenter précisément les effets sur le long terme.

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