Pose d’enrobés phoniques sur les autoroutes A4 et A6

La Direction des routes d’Île-de-France (DiRIF) a déployé en 2017 des revêtements de chaussée ayant des propriétés d’absorption acoustique sur l’autoroute A4, à hauteur des communes de Charenton-le-Pont, St-Maurice et Joinville-le-Pont, et sur l’autoroute A6 au droit de L’Haÿ-les-Roses. Bruitparif est en charge du suivi des performances acoustiques de ces revêtements dans le temps, sur ces axes routiers supportant un trafic particulièrement dense. Une analyse coûts-bénéfices a également été produite.

Période de réalisation

2017

Territoire(s) concerné(s)

Entités ayant réalisé l’action

Entités impliquées dans l’évaluation de l’action

Description

Parmi les autoroutes urbaines d’Ile-de-France, les autoroutes A4 et A6 comptent parmi celles qui supportent les plus forts trafics (jusqu’à 250 000 véhicules par jour en semaine), au cœur de zones densément peuplées. Réduire le bruit auquel sont exposés les riverains de ces axes est donc un enjeu de première importance.

Les services de la Direction régionale et interdépartementale de l'Equipement et de l'Aménagement d'Ile-de-France (DRIEA IdF - DIRIF) ont choisi de traiter le bruit à la source en posant des revêtements de chaussée à propriétés d’absorption acoustique sur trois portions de ces autoroutes, en 2017.

Cette opération s’inscrit dans le cadre du partenariat entre l’Etat et la Région Île-de-France pour changer la route par l’innovation et l’expérimentation. Le caractère innovant réside dans la mise en œuvre de ces revêtements sur des sections à très fort trafic.

Les travaux de pose des revêtements de chaussée anti-bruit ont eu lieu lors de fermetures nocturnes des autoroutes au cours des mois de septembre et d’octobre 2017. En effet, l’intervention nécessite de libérer de toute circulation les zones de chantiers. Il s’agit de raboter sur une épaisseur de 2,5 cm la couche de roulement de chaque voie de circulation, dans les deux sens, pour la remplacer par une couche d’enrobés à caractéristiques phoniques spécifiques. Au total, ce sont 6,3 km de linéaire qui ont été traités : 1,3 km sur l’A6 et 5 km sur l’A4 (3 km au niveau de Charenton-le-Pont et St-Maurice, et 2 km à la hauteur de Joinville-le-Pont).

Bruitparif a déployé cinq stations de mesure permanentes au niveau des tronçons traités, deux sur l’autoroute A6 au niveau de la commune de L’Haÿ-les-Roses (terre-plein central) et trois sur l’autoroute A4 sur les communes de Charenton-le-Pont et Joinville-le-Pont (portiques des panneaux à message variable), avec pour objectif un suivi au long cours des propriétés acoustiques de ces revêtements.

Coût et financement

Ces interventions s’inscrivent dans le cadre d’un partenariat entre l’Etat et la Région Ile-de-France. Les montants des investissements pour chacun des sites sont de :

évaluation de l’efficacité de l’action sur le plan acoustique

Situation initiale (2017)

Des mesures acoustiques temporaires ont été mises en œuvre afin de caractériser l’état initial avant la pose des nouveaux enrobés. Elles ont été réalisées en juin 2017 sur l’A4 et en septembre 2017 sur l’A6. Les niveaux moyens mesurés (LAeq 24h) étaient de l’ordre de :

Dans les trois cas, la forte persistance du bruit routier nocturne est à noter, proche des 80 dB(A) en moyenne sur la période 22h-6h.

Situation actuelle à fin 2020

Un premier bilan a été réalisé après travaux (hiver 2017-2018), puis des bilans annuels ont été publiés par années civiles de 2018 à 2020.

Sur les trois sites, la diminution constatée des niveaux de bruit trois ans après la pose des enrobés phoniques est de :

Trois ans après leur pose, les résultats sont donc encore très positifs en termes d’efficacité de réduction du bruit apportée, avec des niveaux sonores moyens réduits de 3,6 à 6,3 dB(A) en moyenne sur 24h, soit des diminutions équivalentes à ce qui pourrait être obtenu par une réduction de 56% à 77% du nombre de véhicules.

Analyse coûts-bénéfices de la mesure

Avec un recul de trois années complètes, l’altération des performances acoustiques peut être estimée pour l’instant à 1 dB(A) par an en moyenne, dans un contexte de très fortes contraintes exercées par un trafic très dense.

Aussi, il est probable que les revêtements auront perdu à l’horizon 2025-2026 leur performance acoustique et que le bruit reviendra à son niveau initial.

Sur la base de cette projection, une analyse coûts-bénéfices de la mesure de pose de revêtement anti-bruit sur l’autoroute A6 au niveau de L’Haÿ-les-Roses a été réalisée par Bruitparif en déclinant les méthodologies utilisées pour le chiffrage du coût social du bruit. Il s’agissait de mettre en regard le montant de l’investissement de 3,5 millions d’euros, apporté à 50 % par l’État et à 50 % par la Région Île-de-France, nécessaire à la pose du revêtement sur ce tronçon, avec les bénéfices que cette mesure a permis de générer en termes de coûts sanitaires et économiques évités pour la population riveraine, du fait de la baisse de son exposition au bruit. En cumul sur les huit années projetées de performance du revêtement, l’évaluation aboutit à un total de 61 millions d’euros d’externalités négatives ainsi évitées, ce qui conduit à un bénéfice net de 57,5 millions d’euros pour cette mesure de pose de revêtement antibruit, pour un ratio entre les bénéfices et le montant investi de 17.

Bilan

Le suivi du bruit effectué grâce aux cinq stations permanentes de mesure du bruit déployées par Bruitparif permettra progressivement d’affiner la documentation de la durabilité des performances acoustiques des revêtements de chaussée installés sur les autoroutes A4 et A6, ainsi que les analyses coûts-bénéfices mises en œuvre.

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