Transformations des quais de Seine sur la rive droite à Paris

Interdire la circulation motorisée avait pour objectif la mise en valeur des quais de Seine et la réduction des pollutions atmosphérique, visuelle et sonore.

Période de réalisation

Septembre 2016

Territoire(s) concerné(s)

Entités ayant réalisé l’action

Entités ayant participé à l’action

Entités impliquées dans l’évaluation de l’action

CONTEXTE

Les quais bas de la rive droite, site classé au patrimoine de l’Unesco, étaient jusque-là empruntés par 43 000 automobilistes par jour. Leur piétonisation s’est inscrite dans la politique mise en place à l’échelle de la ville pour favoriser les mobilités actives (piétons et cyclistes) par rapport à l’usage de la voiture individuelle.

Description

Nous étudierons ici l’impact de la fermeture des quais bas de la rive droite entre la place de la Concorde et le pont Morland (voie Georges Pompidou, 3,3 kilomètres), réalisée en septembre 2016. Cette partie des quais est comprise dans un ensemble désormais appelées « Parc rives de Seine ». Cette action s’inscrit dans une démarche globale de diminution de la place de la voiture le long des quais de Seine de Paris, que ce soit les sections « basses » ou celles « hautes », qui sont parallèles.

Coût et financement

Le financement a été pris en charge par la Ville de Paris. Les coûts immédiats sont assez faibles et consistent principalement à la mise en place d’obstacles empêchant physiquement l’accès des véhicules motorisés.

évaluation de l’efficacité de l’action sur le plan acoustique

La décision de fermeture des voies sur berge rive droite a conduit la Région Île-de-France, la Métropole du Grand Paris et la Préfecture de Police, à mettre en place des comités de suivi des impacts sur les conditions de circulation, la qualité et de l’air et le bruit. Afin de suivre et d'analyser l'évolution de l'environnement sonore, Bruitparif a mis en place un dispositif spécifique conséquent durant un an (de novembre 2016 à octobre 2017) sur une vaste zone couvrant les abords directs de la voie fermée à la circulation ainsi que les axes potentiellement impactés par des modifications de trafic à Paris et en petite couronne. Les campagnes de mesure et les données issues du réseau de stations permanentes ont été complétées par la réalisation d’une modélisation fine du secteur considéré comme potentiellement le plus impacté.

Les principaux constats sont :

- une nette amélioration de l’environnement sonore sur les berges basses (environ 8 dB(A) de baisse que ce soit en période diurne ou nocturne), ainsi qu’en face au niveau des premières constructions des îles St-Louis et de la Cité (- 4 dB(A), voir modélisations), à l’exception des deux secteurs (quai François Mitterrand et quai Henri IV) où la circulation précédemment en tunnel a été reportée en surface sur les quais hauts.

Evolution des niveaux sonores nocturnes (LAeq 22h-6h) liés à la circulation routière (hors pics de bruit) après la piétonisation de la voie Georges Pompidou

- une augmentation du bruit sur les quais hauts rive droite : jusqu’à 2 dB(A) le jour et entre 1,5 et 4 dB(A) la nuit. Aux heures de pointe du matin et du soir, une recrudescence des pics de bruit (sirènes, klaxons et deux-roues motorisés notamment) est également à signaler.

- une augmentation modérée (moins de 1 dB(A) de jour comme de nuit) sur certains axes de Paris intra-muros, comme le boulevard Saint-Germain ou le boulevard du Montparnasse.

- pas de tendance d’évolution nette sur le boulevard périphérique et en dehors de Paris.

Bilan et perspectives

Bruitparif a ainsi constaté une évolution des niveaux sonores contrastée selon les secteurs, les périodes de la journée, et les saisons. Sur les espaces libérés, la réalisation d’aménagements propres à accueillir davantage de piétons et cyclistes et d’activités récréatives, a conduit à une augmentation progressive du niveau sonore en lien avec celle de la fréquentation. Si le bruit issu de ce type d’activités est souvent davantage toléré, il faudra néanmoins chercher à l’encadrer afin de limiter la gêne des riverains.

La comparaison des résultats obtenus durant les deux campagnes de mesure réalisées n’a pas mis en évidence d’adaptation des comportements des automobilistes, neuf mois après la fermeture à la circulation de la voie sur berge. La politique menée par la ville de Paris visant à diminuer plus globalement la place de l’automobile en ville, il est attendu que le report de pollution sonore qui a pu être mis en évidence s’atténue avec le temps. Par exemple, la création récente d’une piste cyclable bidirectionnelle sur les quais hauts est de nature à diminuer les niveaux de bruit sur cet axe.

Notons que d’autres projets de requalification à plus long terme des quais bas ont été proposés, notamment par l’ENSA (Ecole Nationale Supérieure d’Architecture Paris-Malaquais), afin d’en faire un réel parc végétalisé. Il conviendrait alors d’étudier les évolutions des émissions sonores que cela induirait.

DOCUMENTS