Transformations des quais de Seine sur la rive gauche à Paris

La mairie de Paris a porté le projet de « reconquête des berges de Seine par les piétons », avec pour objectif la mise en valeur des quais de Seine et la diminution des pollutions atmosphérique, visuelle et sonore.

Période de réalisation

Janvier 2013

Territoire(s) concerné(s)

Entités ayant réalisé l’action

Entités ayant participé à l’action

Entités impliquées dans l’évaluation de l’action

CONTEXTE

Les quais bas de la rive gauche étaient dans les années 2000 empruntés par 30 000 automobilistes par jour. La mairie de Paris a voulu conduire sur ce site, par ailleurs classé au patrimoine de l’Unesco, une action phare de sa politique visant à favoriser les mobilités actives (piétons et cyclistes) par rapport à l’usage de la voiture individuelle.

Description

Nous étudierons ici principalement l’impact de la fermeture des quais bas de la rive gauche entre le pont Royal et le pont de l’Alma, ouverts aux piétons en 2013. Cette partie des quais est comprise dans un ensemble désormais appelées « Parc rives de Seine », qui a également bénéficié d’aménagements destinés aux piétons (promenades, cafés…). Elle s’inscrit dans une démarche visant à diminuer la place de la voiture le long des quais de Seine, que ce soit les sections « basses » ou celles « hautes », qui constituent deux axes parallèles.

Section fermée à la circulation automobile sur les Berges de Seine rive gauche (voies basses)

Coût et financement

Le financement a été pris en charge par la Ville de Paris. Les coûts immédiats consistent principalement en la mise en place d’obstacles empêchant l’accès des véhicules motorisés. Cependant, le coût des réaménagements ultérieurs de l’espace libéré n’a pas été pris en compte.

évaluation de l’efficacité de l’action sur le plan acoustique

Afin de documenter l’évolution de l’environnement sonore suite au réaménagement des voies sur berges rive gauche, Bruitparif a procédé à deux campagnes de mesure du bruit, une fin 2012 avant la fermeture à la circulation rive gauche, et une fin 2014, une fois les aménagements terminés.

Le dispositif d’évaluation comprenait 3 points de mesure situés au droit de la section fermée à la circulation ainsi qu’un point en amont du pont Royal (quai des Grands Augustins).

En partie basse, une forte diminution des niveaux de bruit a été notée rive gauche, de jour comme de nuit (-10 dB(A) en moyenne au niveau du port de Solférino). Les effets de la fermeture à la circulation automobile ont été également perceptible rive droite : de -0,5 et -1,8 dB(A) au niveau du port des Champs Elysées.

Sur les quais hauts, la station de mesure sur le quai Anatole France a montré que le bruit a diminué en journée (de 0,6 dB(A)) bien qu’il ait en revanche augmenté la nuit (de 1,2 dB(A)). Quant à la station située quai des Grands Augustins, en partie haute des voies sur berge restées ouvertes à la circulation, elle n’a pas révélé d’évolution significative sur le plan acoustique.

Bilan et perspectives

Les premiers résultats obtenus ont donc permis de dresser un bilan positif de l’impact sur le plan acoustique du réaménagement des voies sur berge rive gauche à Paris. Il était par ailleurs attendu que la politique menée par la ville de Paris, visant à diminuer plus globalement la circulation automobile, permette une diminution de la pollution sonore plus marquée au fil du temps. Ainsi au niveau du point fixe (quai Anatole France), Bruitparif a enregistré une évolution en Lden de 78,2 dB(A) en 2013 à 74,4 dB(A) en 2021.

Malgré les efforts pour diminuer les bruits liés à la circulation automobile sur les quais bas, notons qu’une attention particulière doit néanmoins être portée à la gestion des sources de bruit dû aux activités récréatives (non seulement sur les quais mais également sur la Seine en provenance des bateaux), notamment les nuits de fin de semaine et de week-end.

DOCUMENTS